Éducation

Vous donnez votre enfant à élever à un esclave, dit un jour un ancien philosophe à un père riche, hé bien, au lieu d’un esclave vous en aurez deux.

L’éducation est le soin que l’on prend de nourrir, d’élever et d’instruire les enfants ; ainsi l’éducation a pour objets :

  • la santé ;
  • la bonne conformation du corps ;
  • ce qui regarde la droiture & l’instruction de l’esprit ;
  • les mœurs, c’est-à-dire la conduite de la vie, & les qualités sociales.

Les enfants qui viennent au monde, doivent former un jour la société dans laquelle ils auront à vivre : leur éducation est donc l’objet le plus intéressant.

Pour eux-mêmes, que l’éducation doit rendre tels, qu’ils soient utiles à cette société, qu’ils en obtiennent l’estime, et qu’ils y trouvent leur bien-être.

Pour leurs familles, qu’ils doivent soutenir et décorer.

Pour la nation même, qui doit recueillir les fruits de la bonne éducation que reçoivent les citoyens qui le composent.

Tous les enfants qui viennent au monde, doivent être soumis aux soins de l’éducation, parce qu’il n’y en a point qui naisse tout instruit & tout formé. Or quel avantage ne revient-il pas tous les jours à une nation qui a eu de bonne heure l’esprit cultivé,

Quel bonheur pour une nation dans laquelle les magistrats ont appris de bonne heure leurs devoirs, et ont des mœurs ; où chaque citoyen est prévenu qu’en venant au monde il a reçu un talent à faire valoir ; qu’il est membre d’un corps démocratique, et qu’en cette qualité il doit concourir au bien commun, rechercher tout ce qui peut procurer des avantages réels à la société, et éviter ce qui peut en déconcerter l’harmonie, en troubler la tranquillité et le bon ordre !

Si chaque sorte d’éducation était donnée avec lumière & avec persévérance, la patrie se trouverait bien constituée, bien gouvernée, & à l’abri des insultes de ses voisins.

L’éducation est le plus grand bien que les parents puissent laisser à leurs enfants.

Ne forcez point l’inclination de vos enfants, mais aussi ne leur permettez point légèrement d’embrasser un emploi auquel vous prévoyez qu’ils reconnaîtront dans la suite qu’ils n’étaient point propres. On doit, autant qu’on le peut, leur épargner les fausses démarches. Heureux les enfants qui ont des parents expérimentés, capables de les bien conduire dans le choix d’un état ! choix d’où dépend la félicité ou le mal-aise du reste de la vie.